19 rue Avit Nicolas - 38 150 Salaise sur Sanne
04 74 29 00 80
mairie@mairie-salaise-sur-sanne.fr

Votre nouvelle salle a un nom !

Votre nouvelle salle a un nom !

120 participations, 76 propositions de nom : vous avez été très nombreux à proposer vos idées pour nommer la nouvelle salle polyvalente de Salaise sur Sanne, dont l’ouverture est prévue fin 2027.

Plusieurs générations ont participé au vote pour élire le nom de la salle parmi les propositions faites par les salaisiens.

Le Conseil Municipal d’Enfants, le Club de l’Amitié, le Conseil des quartiers et les élus du Conseil Municipal ont voté parmi une pré-selection de 6 propositions. Le nom qui a obtenu la majorité des votes a été officialisé par une délibération du Conseil Municipal.

Ce nom fait référence au monde du spectacle, mais c’est aussi une allusion à l’Affiche rouge.

L’Affiche rouge
Cette affiche de propagande allemande, placardée dans toute la France en 1944, soutenait l’exécution de 23 résistants communistes, le Groupe Manouchian, du nom de son commissaire militaire Missak Manouchian.
L’Affiche rouge va manquer sa cible et se retourner contre ses commanditaires: elle deviendra l’un des symboles de la Résistance après la guerre, inspirant un poème à Louis Aragon, chanté par Léo Ferré, sous le titre l’Affiche Rouge.
L’Affiche rouge est jouée en 2024 par le groupe Feu! Chatterton lors de l’entrée au Panthéon de Missak Manouchian.

Ce nom a officiellement été adopté par délibération au Conseil municipal du jeudi 15 octobre dernier.
A cette occasion, le maire de Salaise sur Sanne, Gilles Vial, a prononcé ce discours :

« Mesdames, Messieurs les élus, chers concitoyens,

Ce soir, nous allons donner un nom à notre nouvelle salle des fêtes. Et ce nom, vous ne l’avez pas choisi seuls : nous l’avons appelé de nos vœux ensemble, puisque c’est la population tout entière qui a été invitée à faire des propositions. C’est la marque de ce que nous voulons pour cette commune : décider ensemble, construire ensemble.

Le nom retenu, je l’annonce officiellement : « L’Affiche ».

Au premier abord, il peut surprendre. Une affiche, c’est simple, c’est courant, c’est presque banal. Mais c’est précisément cela qui est beau.

Une affiche, c’est ce que l’on colle sur les murs de la ville pour dire à tous : venez. Venez voir, venez écouter, venez-vous rencontrer. Une affiche ne s’adresse pas à quelques-uns : elle s’adresse à tout le monde, sans distinction. Elle est le bien le plus partagé de la culture. Pour une salle de spectacle, je ne connais pas de nom plus juste : un lieu dont le premier geste est d’inviter.

Mais si ce nom a été retenu, c’est aussi parce qu’il résonne en nous d’une mémoire plus profonde.

Comment ne pas penser, en l’entendant, à l’Affiche rouge ? À ces visages que l’occupant voulait montrer comme des coupables, et que la République a reconnus comme des héros. Missak Manouchian et ses compagnons, l’Arménien, le Polonais, l’Italien, le Juif, l’Espagnol — des étrangers, des ouvriers, des hommes ordinaires, morts pour que la France vive. Ces visages que Louis Aragon a fait entrer à jamais dans notre mémoire collective.

Des hommes ordinaires. Voilà le mot qui nous ramène chez nous.

Car notre agglomération, notre commune, se sont construites par les femmes et les hommes ordinaires. Ceux qui descendaient à l’usine à l’aube, ceux qui ont bâti les cités ouvrières, élevé les familles, fait vivre les clubs, les chorales, les bals, les équipes sportives. Ceux-là même que l’on retrouve, non pas sur une affiche, mais dans la mosaïque du Rhodia Club Omnisports : des ouvriers, des ouvrières, tout simplement, représentés avec dignité, parce qu’ils étaient la dignité même du travail.

Comme sur l’Affiche rouge, il s’agit de personnes que rien ne prédestinait à l’histoire. Et pourtant, elles ont participé à la construction de ce que nous sommes aujourd’hui. Notre commune est faite de leur travail, de leur courage, de leur générosité.

Et cette mémoire-là n’est pas un décor. Elle est un engagement.

Car c’est dans les années les plus sombres de notre histoire qu’est né le Conseil National de la Résistance — et avec lui, dans le programme de 1944, tout ce qui a fait la France que nous aimons : la Sécurité sociale, les comités d’entreprise, la presse libre, l’école pour tous. Ce programme, écrit dans la clandestinité par des résistants de toutes opinions, de toutes origines, de toutes confessions, portait une conviction simple : unis, nous sommes plus forts ; ensemble, nous pouvons tout reconstruire.

C’est cet héritage que nous voulons honorer ce soir. Non pas en regardant vers le passé avec nostalgie, mais en travaillant vers l’avenir avec la même exigence.

Nous savons, dans cette commune, que le monde se transforme. Que les usines ne sont plus ce qu’elles étaient, que les vies changent, que les générations se succèdent. Nous ne le regretterons pas : nous l’accompagnons. Mais une chose, elle, ne changera pas de notre côté : nous serons toujours là pour construire tous ensemble, jamais pour diviser.

La culture est, à mes yeux, le plus beau des chantiers communs. Parce qu’elle ne demande à personne son origine, sa condition, son opinion. Parce que dans une salle de spectacle, on s’assoit à côté de quelqu’un qu’on ne connaît pas, et l’on partage avec lui la même émotion, au même moment. Parce qu’elle nous apprend à regarder l’autre, à écouter l’autre — et donc à le respecter.

« L’Affiche », ce lieu, c’est le visage de ce que nous voulons être.

Un lieu ouvert, où le spectacle vivant, la musique, le théâtre, la fête, les associations et les familles auront leur place. Un lieu de rencontre, de partage, de culture. Un lieu qui rappelle d’où nous venons — le travail, la lutte, la solidarité — et qui annonce ce que nous voulons devenir : une commune qui rassemble, qui accueille, qui transmet.

Une affiche, voyez-vous, cela regarde dans les deux sens. Elle garde la mémoire de ce qui a été, et elle annonce ce qui va venir. Elle dit : quelque chose commence.

Mesdames et Messieurs les élus, quelque chose commence ce soir.

Au nom du Conseil municipal, au nom de tous ceux qui ont proposé, débattu, imaginé, je vous invite à nommer notre nouvelle salle des fêtes : « L’Affiche ».

Qu’elle soit, pour les décennies à venir, ce que fut l’Affiche rouge : le signe que des femmes et des hommes ordinaires, unis, peuvent faire des choses extraordinaires.

Bienvenue à L’Affiche.

Je vous remercie.« 

Gilles Vial, Maire de Salaise sur Sanne