Communiqué de Gilles Vial, Maire de Salaise sur Sanne

« Comme tous les Français, j’ai vu les images des violences de ces derniers jours.
Maire, je pense d’abord aux élus et aux agents municipaux qui, partout en France, exercent leur mandat au service des habitants, parfois au prix d’agressions inacceptables. Ma pensée va aux blessés, aux commerçants sinistrés, aux familles inquiètes.
Je veux distinguer deux choses que l’on confond trop vite.
Il y a d’abord la colère légitime des manifestants. Elle ne tombe pas du ciel. Elle monte des déserts médicaux, des classes surchargées, des services publics qui ferment les uns après les autres dans nos campagnes. Elle grandit quand une réforme majeure est imposée par 49.3 contre l’avis du Parlement et de l’opinion. Quand les engagements pris — Convention citoyenne pour le climat, plan vélo, fonds vert — ne sont pas tenus. Quand une dissolution est décidée un soir et que le vote des électeurs n’est suivi d’aucun effet. L’écrasante majorité de ceux qui descendent dans la rue sont des concitoyens pacifiques : salariés, parents, retraités, jeunes. Leur colère est fondée, et elle mérite d’être écoutée.
Il y a ensuite les actes inacceptables des casseurs et des pillards.
Piller un commerce, ce n’est pas manifester : c’est un vol. Saccager une mairie, une école, un équipement public, ce n’est pas une colère : c’est une dégradation qui frappe d’abord les habitants et l’outil communal qui appartient à tous. Ces actes sont délictueux, ils ne portent aucune revendication, et ils ne doivent rien faire perdre à la colère légitime de ceux qu’ils prétendent accompagner. Ils appellent une réponse ferme : identifier les auteurs, les traduire en justice, sanctionner leurs actes à la hauteur de leur gravité.
Confondre les deux serait une double faute : réprimer une colère légitime nourrit la violence ; excuser les casseurs au nom de cette colère insulte les manifestants et leurs revendications. Réduire tout aux pillages, c’est commode : cela évite de regarder les causes en face.
Gouverner, c’est prévoir. Le premier devoir de l’État, c’est de garantir l’ordre — mais aussi de ne pas fabriquer, par ses choix, la colère qu’il doit ensuite réprimer. Sur ces deux terrains, la devise de Salaise reste la même : dialogue, respect des habitants, et défense acharnée de nos services publics et de notre vivre-ensemble.
Je continuerai à le dire, ici comme dans les instances où je porte la voix de notre commune : on ne répare pas une démocratie fatiguée avec des promesses oubliées, mais en écoutant et en agissant.
Gilles Vial, maire de Salaise sur Sanne »

