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Vœux de Gilles Vial pour 2023

Vœux de Gilles Vial pour 2023

Discours de Gilles Vial, Maire de Salaise sur Sanne à l’occasion de la cérémonie des vœux à la population, lundi 26 décembre 2022 à 18h au foyer Laurent Bouvier.

« Bonsoir à toutes et à tous.

Qu’il est bon de partager avec vous le traditionnel moment des vœux à la population dès le lendemain de Noël.

Bienvenue donc aux Salaisienne et Salaisiens. Bienvenue aux Conseillers Départementaux Christelle Grangeot et Robert Duranton, à Madame Sylvie Dezarnaux Présidente de Entre Bièvre et Rhône.

Bienvenue aux élus des communes voisines.

Bienvenue aux représentants des administrations, des associations et du monde économique.

Je tiens à remercier mes collègues du Conseil Municipal et les membres du Conseil Municipal d’enfants d’être à mes côtés pour vous accueillir.

Je tiens aussi à remercier le personnel municipal toujours motivé pour assurer la réussite de cette manifestation. Et enfin Merci à l’UMS qui nous offre toujours une belle prestation musicale, un avant-goût du concert des rois, qui aura lieu cette année le dimanche 8 janvier à 15h dans cette salle.

Pour préparer mon discours, j’ai l’habitude de me replonger dans les actions communales marquantes de l’année écoulée. Le diaporama que prépare notre service communication en est une illustration vivante et chaleureuse.

Néanmoins le monde ne s’arrête pas à Salaise, même si l’étape est belle, et cette année a été mouvementée autour de nous.

Beaucoup de moments négatifs me viennent à l’esprit : la guerre en Ukraine ; la canicule et la sécheresse ; la prolifération des moustiques tigres ; mais aussi la baisse des dotations des collectivités, l’explosion des dépenses contraintes, la pénurie énergétique ou la désertification médicale.

Heureusement, les raisons de rester optimistes sont aussi là pour m’aider à avancer : la bifurcation écologique nécessaire mobilise de plus en plus, les choix de la collectivité autour du « Salaise durable » commencent à porter des fruits qui devraient nous permettre de ne pas trop subir la période de « sobriété » exigée par l’Etat, l’annonce d’un « grand port » entre Marseille et Lyon pourrait être l’aide dont nous avons besoin pour accélérer le développement d’Inspira.

J’aimerai entrer plus en détail dans les raisons de s’inquiéter avant de vous livrer mes raisons d’espérer.   Prenons l’image du verre à moitié vide et du verre à moitié plein.

Si je regarde le verre à moitié vide, je place en tête la situation internationale :

La situation critique en Ukraine est traumatisante à plus d’un titre : le retour de la guerre en Europe, une guerre longue qui touche les populations civiles avec un lourd bilan à déplorer, des méthodes criminelles pour rendre la vie insupportable aux civils en hiver en bombardant les centrales énergétiques. Nous ne sommes pas au bout de ce conflit et rien ne se profile pour une résolution raisonnable.

Mais encore, les rapports du GIEC sur le climat sont de plus en plus inquiétants et pourtant lors des réunions des Etats pendant la COP27 aucune solution ne se profile. Ils semblent que les plus grands pays industrialisés continuent à privilégier leur croissance à court terme plutôt que d’engager un changement de modèle qui garantisse la viabilité de la Terre.

En France aussi la situation est inquiétante :

– L’endettement de la nation dépasse maintenant 110% du PIB.

– Le déficit public annuel 2022 avoisine les 5%.

– L’Etat envisage de ramener ce déficit public à moins de 3% à l’horizon 2027 tout en supprimant encore des recettes fiscales avec la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises).

Depuis plus de 20 ans on applique les mêmes recettes et bien que les résultats montrent et démontrent que cela ne fonctionne pas, on continue d’enfoncer le clou :

On supprime les ressources fiscales, on supprime des moyens aux services publics et on constate par exemple que la fermeture de lits, la fixation d’objectifs comptables et non qualitatifs désorganisent l’hôpital.

Quant à l’énergie, jusqu’à la privatisation d’EDF en 2004, la France avait une place enviée avec une autonomie énergétique qui était garante de notre indépendance. Aujourd’hui la France importe de l’électricité et l’Etat annonce un risque de délestage dès cet hiver.

De récentes affaires laissent supposer que nous appliquons une politique libérale dictée par des cabinets conseils qui s’enrichissent de la désorganisation des services publics.

Je pourrais développer le fait que ce modèle est à l’opposé des valeurs de notre république : la Liberté, l’Egalité et la Fraternité mais je souhaite faire court, alors je me contente de déplorer que ce soit les plus démunis qui vont, encore une fois, le plus souffrir de ces choix qui nous coûtent très cher.

Aujourd’hui, par manque de ressources, pour passer le cap de la sobriété imposée, beaucoup de collectivités publiques sont amenées à réduire massivement le niveau de service public qu’elles ont mis en œuvre et ainsi on annonce :

Des fermetures de lits ou de services hospitaliers ;

Des fermetures de piscines, de musées, d’universités parce que les gestionnaires n’ont plus les moyens de chauffer les bâtiments ;

De même, l’augmentation du tarif des transports en commun en région parisienne a défrayé la chronique ;

Là encore la liste est longue.

Je préfère arrêter de nous désespérer et me tourner vers le verre à moitié plein.  

Pour cela, je vais vous entretenir de choses plus locales, plus facilement mesurables qui impactent le quotidien de chacun de nous.

Au niveau de notre intercommunalité d’Entre Bièvre et Rhône, le projet de territoire s’affine et les priorités se dégagent.

Ainsi l’importance des centralités est identifiée. En un mot, si l’agglomération Roussillonnaise se développe, elle permet le développement de tout le bassin d’emploi ; à cette échelle, le ruissellement a du sens.

La réouverture prochaine de l’unité de fabrication du paracétamol est un marqueur du savoir-faire et du dynamisme industriel de notre territoire. Les tensions actuelles sur le paracétamol ne doivent pas masquer le fait que c’est entre 8 et 10% de la production mondiale qui sera réalisé sur la plateforme avec un procédé respectueux de l’environnement.

Par ailleurs, la décarbonation des mobilités constitue le principal levier pour répondre à la fois au besoin de déplacement quotidien des usagers et lutter contre la pollution de l’air. En effet, 40% des trajets s’effectuent sur des distances de moins de 5km.

Les communes et EBER sont en première ligne pour répondre aux habitants en termes de mobilités. Bien sûr nous devons développer les transports en commun, mais aussi des infrastructures routières qui permettent une cohabitation sereine entre voitures, cycles et piétons.

Pour cela, l’exemple de l’aménagement de la rue Louis Saillant est une réussite. Nous sommes heureux que notre coopération avec l’intercommunalité ait permis la réalisation de cette portion de rue, avec une prise en compte harmonieuse des modes doux.

Nous devons aussi permettre le développement des entreprises sans augmenter le trafic routier des poids lourds.

A ce titre notre territoire est pleinement dépendant des politiques nationales de report modal du fret sur le fer ou le fleuve. J’espère que l’annonce du Président de la République, sur le projet d’un grand port sur le Rhône entre Marseille et Lyon, n’est pas une annonce de plus. Nous avons besoin de l’intervention de l’Etat pour simplifier les procédures administratives et développer les synergies entre les zones portuaires qui jalonnent le Rhône. Ces zones sont complémentaires.

La zone multimodale Inspira sur Salaise –Sablons est idéalement située pour être le port d’approvisionnement et d’expédition de la plateforme chimique avec des modes de transport qui se complètent entre route, maritime-fluvial et ferroviaire. C’est également une zone stratégique pour développer la compétitivité du territoire et participer à la diminution sensible des impacts environnementaux de l’activité transport.

Nous sommes aussi sensibles à la nécessité de réduction des risques naturels. Ainsi, la réduction des risques d’inondation est en cours et le SIRRA syndicat Isèrois des rivières Rhône aval travaille sur tout le bassin versant de la Sanne. Les travaux pour protéger l’existant ont été identifiés et il reste à arrêter les plans de financements et les calendriers de mise en œuvre.

Salaise va y prendre sa part, notamment en réduisant la vulnérabilité dans ses ERP (établissements recevant du public). Le Foyer Laurent Bouvier dans lequel nous sommes est à moins de 50m de la Sanne, notre projet de rénovation consiste, en fait, à le reconstruire en dehors de la zone inondable. Nous avons la même problématique avec le vestiaire foot nord qui devra également être démoli pour permettre la consolidation des digues.

Notre objectif principal, à Salaise, dans cette période mouvementée est d’essayer au maximum de maintenir le niveau de service public.

Je ne vous ferai pas une liste exhaustive des services et des actions municipales qui sont là pour le service des salaisiens, le diaporama qui a défilé au début de cette soirée en est une illustration éclairante. Nous y sommes fermement attachés.

Je sais que vous êtes nombreux à apprécier notre volonté de « bien vivre ensemble ».

Pour cela, je suis heureux que nous ayons anticipé les difficultés financières qui touchent aujourd’hui toutes les collectivités territoriales.

En effet, depuis 2016 notre trajectoire financière est constante. En maniant prospective et anticipation, nous avons stabilisé notre masse salariale, nous diminuons nos charges structurelles afin de diminuer nos dépenses de fonctionnement. Les marges que nous dégageons sont entièrement mises au service du Plan Pluriannuel d’Investissement (PPI).

La bifurcation écologique que nous avons engagé au travers des actions « SALAISE DURABLE » se traduit dans la planification de nos investissements. Je suis très heureux en cette période où les prix de l’énergie explosent, d’avoir réalisé la rénovation thermique du groupe scolaire Joliot-Curie. Nous avançons sur le projet de rénovation du foyer et le nouvel équipement sera évidemment très performant énergétiquement, c’était un des objectifs majeurs du cahier des charges fixés à l’architecte.

Une grande réflexion est en cours sur l’optimisation des bâtiments à 10 ans. Cette réflexion est accélérée et modifiée par la prise en compte du plan de sobriété de l’Etat qui vise à prévenir les coupures d’électricité menaçant les sites industriels et les services stratégiques.

Nous avons décidé de viser 20% de baisse de consommation d’énergie pendant l’hiver 2022-2023. La réhabilitation de Joliot-Curie permet, à elle seule, d’espérer moins 10% sur notre facture globale de gaz.

Optimiser les bâtiments, c’est aussi regarder leur fréquence d’utilisation et leur possible mutualisation.

Ainsi, la commune est à la fois gestionnaire des locaux scolaires et organisatrice des services péri/extrascolaires et de ce fait, en lien étroit avec tous les acteurs éducatifs : enseignants, parents, services municipaux, associations.

Nous avons pris la décision d’organiser le centre de loisirs dans le groupe scolaire du village, ce qui permettra aux enfants d’évoluer dans un cadre verdoyant et améliorera le taux d’utilisation de ce bâtiment, ce passage est prévu à l’été.

Cela permettra aussi de libérer des bâtiments publics au centre et de les réaffecter dans le cadre de la redynamisation du centre bourg.

Cette réflexion engagée sur les bâtiments nous conduit aussi à repenser le fonctionnement de nos complexes sportifs :

Nous avons acté que la fusion entre les clubs de football avait modifié le fonctionnement et l’utilisation de nos terrains de sport. Les élus salaisiens se félicitent que le site de Salaise soit principalement destiné aux jeunes en formation.

Par ailleurs, nous souhaitons anticiper la fin du bail emphytéotique qui nous lie à la plateforme chimique propriétaire des terrains et infrastructures du stade du rhodia.

En cette fin d’année, j’ai avisé tous les clubs utilisateurs des gymnases des nouvelles contraintes que nous impose le plan de sobriété. Je leur ai demandé de nous aider par leur civisme et leur rigueur à traverser cet hiver dans ce cadre contraint.

En 2023, je souhaite que nous nous prononcions sur la politique sportive que nous sommes en capacité de mener dans une commune de 4600 habitants et sur le nombre de complexes sportifs que nous pourrons continuer à entretenir.

Atteindre l’objectif ambitieux de baisser notre consommation d’énergie de 20% pour 2024, c’est limiter la hausse des dépenses d’énergie à plus ou moins 160 000€ pour Salaise. C’est à cette condition impérative que nous pourrons maintenir une ambition forte de service public pour la suite de ce mandat. C’est pourquoi nous demandons à tous les usagers de nos locaux : élus, agents, enseignants, associations de participer à cet effort collectif et d’être exemplaires dans leur pratique des bâtiments.

C’est aussi pour cela que nous avons encore réduit la période pendant laquelle l’éclairage public fonctionne.

Je vous rappelle que les travaux d’aménagement et de désimperméabilisation du centre bourg vont débuter en mars 2023. Vous en avez une présentation détaillée dans notre Salaise Info. Nous souhaitons bien sûr rendre le cœur de ville plus vivant en favorisant le lien entre les habitants et en y accueillant des manifestations culturelles et festives.

Je voudrais aussi vous parler de projets en gestation qui devraient contribuer à répondre à des besoins bien identifiés de notre population.

Parlons d’abord santé. La santé n’est pas une compétence des communes. Cependant l’impréparation, la carence des autorités de santé, nous conduisent à devoir intervenir pour que nos concitoyens conservent l’accès à un médecin traitant. Nous avons, cette année, étudié les différentes possibilités qui s’offrent à nous. Les priorités qui animent la municipalité visent à attirer, sur notre territoire, de nouv eaux médecins qui pratiquent le tarif conventionné. Nous entrons dans une phase d’accompagnement d’un projet mutualiste et/ou, sur un temps plus long, nous voulons faciliter l’émergence d’un centre de santé répondant aux besoins de plusieurs communes.

Par ailleurs, nous avons été sollicités par un cabinet de cardiologie qui souhaiterait s’installer sur notre commune.

Parlons ensuite parcours résidentiel des aînés. J’ai signé le permis de construire de la résidence autonomie. En 2023, pendant qu’Habitat et Humanisme construira le bâtiment, nous allons travailler avec eux à l’accompagnement du projet social et à la manière dont nous seront impliqués dans la procédure des inscriptions.

Enfin, je ne pourrais pas clore le chapitre des bonnes nouvelles sans évoquer le fait que notre commune a été labellisée « villages et villes citoyennes », reconnaissant ainsi notre implication autour de la participation. C’est une grande satisfaction au moment où tant de nos concitoyens se désintéressent de la vie publique. En 2023, nous fêterons le dixième anniversaire de notre engagement en démocratie participative, que de chemin parcouru !

Verre à moitié vide, verre à moitié plein, je vous ai réuni ce soir pour émettre des vœux pour la nouvelle année.

Alors ensemble, façonnons le présent pour qu’il devienne ce que nous espérons. Un monde de paix, de justice et de fraternité.

Que 2023 soit efficace dans l’avancée de vos projets

Que 2023 soit solidaire dans toutes nos interactions avec les autres

Que 2023 soit douce pour vos familles

Levons nos verres, ensemble, en espérant le meilleur pour chacun.

Bonne année 2023.«